18 Commentaires
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Avatar de Marie Sergent

Merci pour ce rappel et cette vigilance. Notre esprit critique et notre metacognition ne suffisent pas à nous protéger.

Avatar de Iris d'Automne

Merci pour ce témoignage ! Je fais partie des gens qui vivent loin des intelligence artificielles génératives, mais je connais pas mal de développeurs qui travaillent avec. Je regarde sur Substack les retours d'autres utilisateurs à des degrés divers. Bref, ton expérience m'intéresse 😊

Sur le fait de "perdre" très vite en compétence, ça ne m'étonne pas : c'est un peu comme une "mauvaise habitude " (ou une bonne ^^): il ne faut guère que 3 à 6 mois pour prendre un pli. Qu'il s'agisse d'addiction ou de jogging ou de routine pour écrire un roman, on s'habitue à un mode de vie et on désapprend ce qui ne sert plus.

L'image qui me vient, c'est celle des chemins : si tu l'utilise beaucoup, il est large, sans herbe, tassé, lisse... mais abandonne le 6 mois, et tu verras la friche s'installer ; encore 1 an, et les ronces bloquent le passage, tandis que de jeunes arbres tentent de pousser ... bref, notre cerveau n'entretient que ce qu'il utilise vraiment. Le reste, ça lui coûte trop cher et il est conçu pour économiser l'énergie 😅

🍵

Avatar de Une nana dans la data

Je travaille comme analytics engineer et dans mon domaine, l'IA est omniprésente également et pire que tout, aujourd'hui elle m'est souvent préférée car plus rapide que moi pour répondre aux questions de mes clients sur un jeu de données. Et dans les faits c'est vrai, mais malheureusement, je suis confrontée de plus en plus souvent à ce dont tu parles : des clients qui demandent à Claude de leur fournir des dashboards inutiles, rapides mais inefficaces, sans confrontration d'idées... pour l'instant, on est à court-terme et les personnes ne voient pas encore les dégâts mais d'ici quelques mois/années, j'ai très peur pour de nombreuses entreprises.

Avatar de LN-au-carre

Je vous découvre avec cet article et j'aime beaucoup ! Ca rejoint mes propres réflexions depuis que j'utilise un peu l'IA (à force d'en entrendre parler je me suis dit que ça serait bien de savoir de quoi ça retournait et comprendre un peu le truc, même si j'étais assez anti-IA à la base).

J'ai constaté les mêmes travers que vous, si bien que j'ai par exemple inscrits dans le contexte de mon compte une interdiction de complaisance. C'est plutôt rigolo parce que du coup elle arrête pas de me contredire :') Mais ça ajoute de la friction, ce que je pense être bénéfique.

La sensation de créer est grisante, je le remarque chez beaucoup de personnes de mon entourage qui ne sont pas créatifs et découvre cette sensation via les IA. C'est là que ça me fait peur aussi, de voir qu'ils perdent tout regard et esprit parce qu'ils peuvent créer des choses si rapidement (et me disent "c'est tellement fort, les artistes n'ont aucune chance et ne servent vraiment plus à rien"). Mais du coup, comme vous le dites, ça veut dire que le niveau d'entrée est plus haut. Tout le monde sait générer un texte en français correct, alors maintenant il faut avoir quelque chose en plus disons. Alors qu'avant, peut-être que ça suffisait ?

Avatar de Alexe Martel

Totalement! On peut se tutoyer? Je suis nul pour vouvoyer haha.

Je ne sais pas si tu as pris le temps de lire le texte sur les Tool-Shaped Objects, mais ça rejoint beaucoup ce que tu dis par rapport au fait que la sensation de créer (ou juste être « productif »), c’est grisant.

Avatar de LN-au-carre

Pas de soucis, on peut se tutoyer, c'est plus sympa et c'est la norme sur internet en vrai XD

Non je n'ai pas encore lu ce texte, je vais regarder ça quand j'ai un peu le temps :)

Avatar de Manuela Samar

Trés intéressant !

Cela me confirme dans ma façon d'utiliser l'IA. Soit je dicte un texte dans Word et je demande à l'IA de me le reformater soit je sors un extrait d'un épisode de podcast que j'ai enregistré et je demande à l'IA de m'en faire un carrousel. Mais j'essaie toujours de réfléchir avant à mes propres idées avant de demander à l'IA de me donner des idées

Avatar de Alexe Martel

Oui! Utiliser l’IA à l’étape de l’idéation est une erreur, à mon humble avis. C’était d’ailleurs le sujet de mon premier texte sur Substack, si tu veux une lecture reliée haha.

Avatar de Ester Ramos

Merci pour ce partage. Cela rejoint mon expérience et ma réflexion du moment : jusqu'où peut-on utiliser l'IA sans perdre sa voix ?

Plus je l'utilisais, plus j'observais que j'avais internalisé des tournures de phrases, un synthaxe et une musicalité qui n'était pas la mienne.

Du coup, est-ce qu'il y a des tâches où l'utilisation de l'IA te semble aidante ? Par ailleurs, de ce que je comprends, tu l'exclus pour le brainstorm et les réflexions stratégiques. Est-ce qu'il y a d'autres tâches où tu juges l'utilisation dangereuse ?

Avatar de Alexe Martel

Je l’utilise surtout, ces temps-ci, pour des choses plus concrètes : renommer des fichiers, classer des documents ou des notes, écrire les descriptions alt à ma place, résumer des rencontres, coder des petits outils pratiques, m’aider à automatiser quelque chose, mettre en page un document pour que ce soit propre, réécrire et réorganiser des notes écrites à la main au « propre », etc.

Ça m’arrive encore aussi de l’utiliser en écriture, mais de manière très ciblée. J’écris parfois en dictée trouée, en mettant [des instructions entre crochets pour Claude] quand j’ai besoin. Surtout quand le texte est plus « utilitaire » qu’autre chose!

Avatar de Ester Ramos

pour ce ce retour complet qui me permet de réfléchir à poser des limites et être plus intentionnelle.

Avatar de Marie

Très intéressant!

Avatar de Kim Caissy • Éditrice

Personnellement, je ne tombe pas dans la catégorie des gens qui pensent qu’ils travaillent en utilisant l’IA. Je sais que ce n’est pas vraiment le cas, c’est trop facilitant, et ça pousse à la culpabilité. Merci pour ce texte, ça permet de prendre un pas de recul et de réaliser pourquoi il faut se ré approprier son cerveau.

Avatar de Alexe Martel

Merci à toi de prendre le temps de me laisser un commentaire. Ça fait plaisir à lire!

Avatar de Julia

Je suis si contente que tu aies pris le temps de nous publier ce contenu Alexe ! Merci 💜

Depuis toujours écrire me permet de ranger mon cerveau, et quand je range mon cerveau/j'écris pendant des heures je me sens vraaaiment fatiguée. C'est cet indicateur qui, depuis toujours, me rassasie, me gratifie et me prouve que j'ai "bien" travaillé.

Avec l'IA, je ne ressens pas cette fatigue cérébrale qui me hurle "maintenant va jouer à Powerwash Simulator tu n'es plus bonne à rien" : elle nous donne l'illusion qu'on peut en faire toujours plus, mais ce qui sera produit ne sera jamais aussi bon que si ça venait de notre cerveau (et de notre sueur !).

Avatar de Alexe Martel

Oui! Et j’ajouterais que même si le résultat était aussi bon pour la personne qui nous lit, il resterait infiniment moins utile et formateur pour nous et notre cerveau. Pis ça, ben ça compte aussi! ♥️

Avatar de Séverine Roussel

Je suis d'accord sur le fond. Et je vis exactement ce dont tu parles avec Claude au quotidien, la vigilance constante pour que ce soit encore moi qui pense.

Mais je veux défendre une autre face du tableau.

L'IA générative a aussi permis à des gens de prendre la parole pour la première fois. Pas parce qu'ils manquaient d'idées, mais parce que la page blanche, les fautes d'orthographe, la peur du jugement ... sur la forme les bloquaient complètement. Pour eux, ce n'est pas une béquille cognitive. C'est une porte d'entrée.

La question que je me pose, c'est : est-ce que le risque que tu décris : la dette cognitive, est la même pour quelqu'un qui écrivait déjà, et pour quelqu'un qui n'écrivait pas du tout avant ?